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Jeanprêtre Léa
Département : Archives et Iconographie Axe : Personnes physiques et familles
Niveau : Fonds Type de document : Archives Iconographie Référence : CH MDI, Léa Jeanprêtre
Intitulé : Jeanprêtre Léa
Histoire administrative/Notice biographique : Léa Jeanprêtre naît à Malleray le 16 mai 1886. Elle est la fille d'Edouard et Elisa Jeanprêtre (Schaffter), parents de huit enfants. Plusieurs membres de la famille Jeanprêtre travaillaient dans l'horlogerie. Edouard Jeanprêtre fut le dernier allumeur de réverbères de Malleray avant l'arrivée de l'électricité au début du siècle dernier. Le parcours de Léa est peu documenté, et si elle est mentionnée comme "employée de bureau" sur une correspondance de 1909, sa formation reste inconnue. En 1911, elle est membre du Club aéronautique de Saint-Imier et vole en montgolfière avec les frères Albert et Auguste Blanchard de Malleray. En septembre 1913, elle part pour Odessa, en Russie, et s'installe provisoirement au Home suisse, Société de bienfaisance appartenant à l'église presbytérienne de la ville, financée par le Consulat suisse d'Odessa et des dons helvétiques. Cette institution aidait les Suisses dans le besoin et orientait des femmes sans travail vers des places de gouvernantes, nurses ou préceptrices dans des familles russes. Léa trouve rapidement une place de préceptrice dans la famille juive russe de Moise Milstein à Akkerman (aujourd'hui Bilhorod-Dnistrovskyi) à une cinquantaine de kilomètres d'Odessa. Moise Milstein est un riche marchand qui assure le commerce du blé d'Akkerman à Odessa et joue un rôle important dans la communauté juive de la ville. Les Milstein ont quatre enfants, Sara, Mariem, Emanuel et Anastasia. Léa enseigne le français aux trois filles et également dans une école de jeunes filles de la ville. Suite à sa liaison avec Emanuel Milstein, Léa regagne Odessa fin 1916, enceinte. Son fils Serge naît le 31 janvier 1917 à Odessa. Léa prend le nom d'Edouardovna (selon l'usage russe) et dispense des leçons particulières de français à des enfants de familles russes. Elle se fait payer de quelques sous, de savons et de repas. En son absence, une "babouchka" (grand-mère de substitution) et ses filles prennent soin de Serge. Elles noueront des relations très fortes avec Léa et lui. Après la Révolution bolchévique, la guerre civile s'installe, la famine et le typhus déciment la population. Face à une situation devenue intenable, Léa se résout à rentrer en Suisse avec son fils. Elle y parviendra après de longues démarches grâce à l'aide du délégué du CICR en Ukraine, Georges Dessonnaz. Le 30 septembre 1922, le Karenthia quitte le port d'Odessa. Après des escales à Varna, Bougaz (Bulgarie), le lazaret de Kavak (Bosphore), il atteint Constantinople, où la Suisse traite le rapatriement de ses compatriotes. Un autre navire, le Sémiramis, les emmène jusqu'à Venise, puis le train jusqu'à Berne où la famille les attend. Léa Jeanprêtre et son fils Serge habiteront provisoirement Malleray, avant de déménager à Bienne. Léa Jeanprêtre avait exigé de sa sœur Jeanne qu'elle détruise toutes les lettres qu'elle lui avait envoyées d'Odessa et d'Akkerman. Ce n'est que sur son lit de mort que Léa révéla l'identité du père de Serge à sa soeur. Serge Jeanprêtre put alors retrouver la trace de son père Emanuel Milstein, qui avait fui l'armée bolchévique pour Bucarest en 1919 avant de rejoindre la France dans les années 70 sans connaître l'existence de son fils. Serge a dès lors gardé le contact avec son père ainsi qu'avec son demi-frère Dorian et sa cousine Nadia Gray, actrice. En 2008 et 2019, la petite-fille de Léa, Anne-Laure Jeanprêtre, effectue deux voyages à Odessa et Bilhorod-Dnistrovskyi (Akkerman) sur les traces de ce pan caché du passé familial. Elle rassemble les rares documents qui attestent de cette histoire et réalise trois livres poétiques qui témoignent de cette quête. Période de création : 1886-2024 Présentation du contenu : Le fonds contient les rares documents qui témoignent de la vie de Léa Jeanprêtre et en particulier de son émigration à Odessa. Si le contenu des correspondances peut paraître anodin - la correspondance en russe a été traduite oralement à Anne-Laure Jeanprêtre -, les deux récits de Serge Jeanprêtre évoquent avec précision leurs conditions de vie à Odessa vers 1921-1922 et leur voyage de retour en Suisse. Une autre partie des documents témoigne du voyage mémoriel qu'a effectué Anne-Laure Jeanprêtre dans les années 2000 et de sa recherche pour tenter de retracer les parcours de sa grand-mère et de son père. Mention de provenance : Mémoires d'Ici, Fonds Léa Jeanprêtre Descripteurs : Bienne (BE) (Lieux)Malleray (Lieux)femme (Matières)émigration (Matières)famine (Matières)Club aéronautique suisse section Saint-Imier (Organisations)préceptrice (Matières)Révolution d'octobre (1917) (Evènements)bolchévisme (Matières)ÉMIGRATION (Thèmes)Jeanprêtre, Léa (1886-1956) (Personnes)Odessa (Ukraine) (Lieux)Jeanprêtre, Serge (1916-2010) (Personnes)Dessonnaz, Georges (Personnes)
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