Mémoires d'Ici
UNE DOUBLE MISSION: CONSERVER ET METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL DU JURA BERNOIS 

Nouvelles

Le 9 août 1801, Orvin faillit disparaître dans un terrible incendie

Le document du mois - 17 Aoû 2016

Orvin fête ses 1150 ans cette année, l'occasion de rappeler le terrible incendie de 1801 qui détruisit presque totalement le village. Le Journal du pasteur Frêne et la correspondance des membres de la famille Morel nous plongent au coeur de l'événement. 

Le pasteur de Tavannes Théophile Rémy Frêne inscrit dans son journal : « Le 9 août dimanche, Madame de Mirabeau avec Madame Schaffter-Morel dîna chez nous. L'après-midi, la nouvelle se répandit d'un terrible incendie arrivé ce même jour à Orvin, commencé pendant que l'on étoit à l'église. Cet incendie, plus fatal que celui de 1754, consuma la majeure partie du village, sç[avoir] soixante et des maisons, la cure, les deux auberges. »

A Corgémont, le pasteur Charles-Ferdinand Morel est bouleversé : sa sœur et son mari le pasteur Watt d'Orvin ont perdu leurs biens dans la cure partie en fumée. Morel se rend en hâte à Orvin où il ne peut que constater le désastre. Sa fiancée Isabelle de Gélieu s'inquiète : « Oh mon Dieu quelle nuit et quel réveil pour tous ces malheureux incendiés ! ... J'ai admiré hier votre calme, mais dites-moi comment vous vous trouvez aujourd'hui ».

Son frère François Morel et sa jeune épouse, ainsi que leur amie la fantasque Madame de Mirabeau logent à ce moment-là chez lui, à Corgémont. Ils se rendent également à Orvin. Face au spectacle de désolation, Madame de Mirabeau se lamente et s'agite en tous sens, pressée de secourir les malheureux. 

Madame de Mirabeau au pasteur Frêne, le 10 août : « Il n'est que trop vrai que la famille Watt est ruinée et dans la cruelle nécessité d'être à la charge des autres. Moi-même qui ai tant souffert dans ma vie, je sens toutes mes plaies se rouvrir au récit du malheur d'autrui que je ne puis soulager. Je me sens faible depuis hier au soir comme un enfant. Le ministre seul [Charles-Ferdinand Morel], cet homme vraiment sublime et si méconnu de lui-même et des autres, nous soutient tous... J'ai besoin de voir Mme Watt, son infortuné mari qu'on n'a pu encore tirer d'Orvin, et toute cette famille désolée. »

A Orvin, tandis que Charles-Ferdinand Morel organise la prise en charge des sinistrés dans les villages voisins, son frère François s'effondre dans l'herbe aux côtés de son épouse sous le coup de l'émotion... 

Madame de Mirabeau à Isabelle de Gélieu, le 10 août : « Mme Morel [l'épouse de François] est anéantie par la commotion trop forte que lui a causé l'extrême sensibilité de son mari : votre très faible camarade, après avoir soutenu tout le monde au moment du besoin, a fini par retrouver ses propres malheurs dans ceux de la famille Watt, à sentir cruellement son impuissance pénible, sa nullité profonde pour le soulagement d'autrui... Le ministre seul est parfait pour tous : il mérite si bien de connaître le bonheur au moins en perspectives !"

Sources : Théophile Rémy Frêne, Journal de ma vie, vol. 4, p. 323 ; correspondance tirée du Fonds Doyen Morel (commune de Corgémont), à Mémoires d'Ici

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© Mémoires d'Ici, Fonds Doyen Morel (commune de Corgémont)

 

 

 

Nouveau carnet d'images

Actualités Mémoires d'Ici - 21 Jui 2016

Yvette Wagner publie un nouvel ouvrage aux Editions de l'Aire ! Mémoires d'Ici présente à cette occasion un carnet d'images tirées de ses fonds.

En hommage à son grand-père Emile Berlincourt, directeur du Pré-aux-Boeufs à Sonvilier, et à son père Serge Berlincourt, critique littéraire et enseignant à l'Ecole normale de Porrentruy, Yvette Wagner-Berlincourt a déposé ses archives à Mémoires d'Ici.


Voici les liens pour découvrir l'inventaire de ce fonds :

http://www.m-ici.ch/collections/archives/fonds/detail/132
http://www.m-ici.ch/uploads/wag_inv-desc.pdf

 

Yvette Wagner-Berlincourt sur une locomotive à Horni Dvoriste en Tchéquie.

Photographie tirée de : « Derrière le rideau de fer : Varsovie 1955 ». - Album de voyage réalisé à l'occasion du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Varsovie, 31.7-18.8 1955.

© Mémoires d'Ici, Fonds Yvette Wagner-Berlincourt

 

Le fonds Roland Stähli : une autobiographie

Actualités Mémoires d'Ici - 13 Jui 2016

Mémoires d'Ici, Fonds Roland Stähli, Photographie Simone Oppliger

Déposées à Mémoires d'Ici par sa famille, les archives de Roland Stähli sont désormais accessibles aux chercheurs et au public, au terme d'un long travail de tri et de classement. Ce sont finalement 65 boîtes d'archives, de photographies et d'enregistrements audiovisuels, mais aussi des dizaines de livres qui ont rejoint nos collections. Ces documents «incarnent» la mémoire d'un homme à part, enseignant, historien, écrivain, premier citoyen d'honneur de « sa » commune de Tramelan,  un politicien qui a marqué le passé récent du Jura bernois, dont il fut le représentant au Grand Conseil, puis au Conseil National.

Les archives rassemblées par Roland Stähli à partir de la fin des années 1930 permettent de suivre son parcours impressionnant durant une septantaine d'années, sur les traces de ses multiples activités, pédagogiques, politiques, culturelles et associatives. On y lira donc l'homme attendu, celui qui n'a que rarement déserté la scène médiatique : le politicien opiniâtre, l'historien passionné, le poète amoureux des arts et de la nature. Mais les engagements plus personnels affleurent également, tout comme le cours de longues et parfois tumultueuses amitiés, les valeurs intimes qui soutiennent ses choix.

Au fil d'un même discours, invariablement calligraphié au stylo à bille noir sur du papier ligné, maintes fois photocopié, corrigé et recorrigé, la pensée de l'homme se déploie et s'affine, avec minutie et rigueur. De la même manière, Roland Stähli a classé, déclassé, reclassé, multiplié ses archives, désorganisé et réorganisé méthodiquement son passé, en quête d'une ultime cohérence.

Fonds Roland Stähli (Staehli)

Vacances d'été

Actualités Mémoires d'Ici - 04 Jui 2016

© Mémoires d'Ici, Famille Walliser

Vernissage de l'ouvrage de Roger-Louis Junod Une Ombre éblouissante

Actualités Mémoires d'Ici - 25 Mai 2016

Roger-Louis Junod nous a quittés le 9 juillet 2015, au terme d'une longue vie tout entière dédiée à la littérature et à l'amour de la langue française. Ses premiers romans, très patiemment écrits et composés, innovent et surprennent par leur très cohérente originalité.

Mémoires d'Ici, Fonds ROGER-LOUIS, LUCETTE ET PIERRE-FRÉDÉRIC JUNOD
Photographie: Simone Oppliger


Nous vous convions au vernissage de l'ouvrage,
le jeudi 26 mai 2016, à 20h00, à l'Hôtel de ville de Tavannes.


 

Dans Une ombre éblouissante, paru en 1968, le personnage principal, Laurent Masson, un jeune intellectuel du Jura bernois, condamné par une leucémie, se confronte à la difficulté de la connaissance de soi et de la relation entre le réel et l'imaginaire. L'enjeu, au terme de sa vie si brève, est de faire quelque chose de son tragique destin. 

 

Une ombre éblouissante, de Roger-Louis Junod

Infolio éditions, collection Maison neuve, 2016, 

280 pages, 12 x 18 cm

ISBN 978-2-88474-953-4

 

 

Chère Marraine...

Actualités Mémoires d'Ici - 12 Mai 2016

Il a 32 ans. Il vient de Roubaix où il était trieur de laine. Il a été fait prisonnier de guerre quand les Allemands ont envahi le nord de la France. Il a rejoint alors le camp de Holzminden, en Basse-Saxe, laissant au pays sa mère âgée, sa femme et son enfant.
En février 1916, après seize mois de captivité, il sollicite la protection d'une marraine de guerre. Ce sera Lydia Clottu, une jeune femme de Cornaux dans le canton de Neuchâtel. Dans ses premières lettres, il demande des vivres, puis un petit savon.
Reconnu malade par les commissions médicales, il est un des 75'000 internés qui séjourneront en Suisse entre 1916 et 1918. Le 17 mai 1916, il arrive à Saint-Imier. Il poursuit alors sa correspondance avec sa marraine. Au fil des mois, un lien se tisse. Dans la solitude de l'exil, dans l'éloignement de la famille, dans l'incertitude quant à l'avenir de son pays en guerre, le prisonnier lutte contre son « cafard ». Ecrire à cette femme qui lui envoie, au gré des saisons, des cerises ou du raisin le rattache au monde des hommes.
L'échange épistolaire sera le fil rouge de la présentation de l'histoire des internés civils et militaires à Mont-Soleil, 

mardi prochain, 17 mai 2016, à la salle de la Paroisse réformée à Saint-Imier.

L'entrée est libre et le verre de l'amitié sera offert par la Municipalité de St-Imier à l'issue de la présentation.

Mémoires d'Ici, Fonds Lydia Clottu.

 


 

17 mai à 20h00 à Saint-Imier : CONFÉRENCE sur LES PRISONNIERS DE GUERRE À MONT-SOLEIL

Actualités Mémoires d'Ici - 10 Mai 2016

Le 17 mai 1916, douze soldats et vingt-cinq civils français en provenance de Constance reçoivent un accueil triomphal à leur arrivée à Saint-Imier. Les autorités de la petite ville et toute la population se sont massées à la gare pour accueillir ce premier convoi d'internés français à destination de Mont-Soleil. Baptiste Savoye en personne, conseiller national et directeur de la fabrique d'horlogerie Longines, s'est porté président du Comité d'hospitalisation. Les gens s'entassent le long des rues, se dressent sur les talus ou sur les toits plats pour mieux voir les hommes qui arrivent.

Arrivée des internés à St-Imier, le 17 mai 1916: Mémoires d'Ici, Fonds Oliver Wileczelek

A l'entrée en gare de l'express de 8h39, le Corps de musique entonne La Marseillaise. Vingt drapeaux sont tendus en ligne sur le quai. Une dizaine d'enfants portent d'énormes bouquets de fleurs aux couleurs de la France.

On crie de partout : « Vive la France ! ». Les internés répondent : « Vive la Suisse ! » La réception est si imposante que le correspondant du journal local écrira aussitôt : « On dirait la grande fête qui couronne une victoire politique ou militaire. » (Le Jura bernois, 17 mai 1916).


Cet épisode, tombé dans l'oubli, sera retracé à travers des documents d'époque : photographies, journaux, témoignages, ainsi que la correspondance exceptionnelle d'un prisonnier avec sa marraine de guerre. Cent ans jour pour jour après l'arrivée des premiers prisonniers à Saint-Imier, Mémoires d'Ici vous convie à une conférence

mardi 17 mai 2016, à 20h00, à la salle de la Paroisse réformée, rue de la Cure 1 à Saint-Imier.


L'entrée est libre et le verre de l'amitié sera offert par la Municipalité de St-Imier à l'issue de la présentation.

 

 

 


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