Mémoires d'Ici - Mémoires d'Ici
UNE DOUBLE MISSION: CONSERVER ET METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL DU JURA BERNOIS 

Nouvelles

Sonvilier, août 1769

Le document du mois - 21 Mar 2017

NE SACHANT ECRIRE IL FAIT CETTE MARQUE : X




Que s'est-il bien passé un dimanche soir d'août 1769 à Sonvilier ? Le village connaît alors un essor démographique et économique considérable, grâce à l'industrie horlogère nouvellement introduite.
Un mercier-quincailler flamand chargé de sa marchandise entre dans le cabaret de Jean Marchand. Il y boit, beaucoup, et y mange du pain, du rôti et de la saucisse. Après minuit, la situation dégénère : l'alcool pousse à la bravade et aux insultes, le tapage alerte les voisins. Le lendemain matin, l'étranger dépose plainte : il a reçu un coup à la tête avec sang, a été renversé dans la fontaine et sa marchandise a été abîmée. Justice est demandée.

A cette plainte s'ajoutent dès lors les témoignages de la servante de l'auberge, du cabaretier et de son épouse, de la voisine, de ses deux filles et de son fils. Chacun offre sa version des événements. Les mots écrits sur le devant du cahier rassemblant ces textes laissent entendre le verdict de l'affaire : Information touchant un mercier à qui on avoit eparpillé des marchandises devant le cabaret de Jean Marchand hote. NB. Il ne s'est rien trouvé, et la Seigneurie là sortit du pays.


LES VACHES REVENOIENT DU CHANPOYAGE

Mémoires d'Ici a récemment reçu le manuscrit relatant ces événements. Nous vous en présentons ici une reproduction numérique ainsi qu'une retranscription complète. A lire ces lignes, on découvre un pan de la vie de nos villages il y a plus de deux cents ans. Il faut savourer aussi le français du 18e siècle, dont nous avons gardé l'orthographe (mais modernisé en partie la ponctuation). Les chopines ou les carterets que boivent les habitués, le canequin dans lequel le Flamand a rangé ses affaires, le poile où se tiennent les gens, le chanpoyage dont reviennent les vaches, sont autant de mots revivant par le texte.

 

Transcription: 

http://www.m-ici.ch/uploads/transcription_-_pierre_et_mary_louise_flotron_v2017-104.pdf

Reproduction numérique: 

http://www.m-ici.ch/uploads/manuscrit_-_pierre_et_mary_louise_flotron_v2017-104.pdf

© Mémoires d'Ici, Fonds Pierre et Mary Louise Flotron

 

 

 



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Livre de raison - Quand humer la fumée du tabac délivre les nez !

Le document du mois - 09 Mar 2017

Livre de raison de A.-B. Grojean de Péry, (1708-1754)

Mémoires d'Ici conserve dans ses fonds un livre de raison tenu par A.-B. Grojean, meunier et justicier originaire de Péry. Dans les 389 pages de ce registre à la couverture en cuir (16 x 20 cm), le rédacteur consigne ses comptes, des informations relatives à sa fonction de justicier (journées de travail, plaidoiries), ainsi que des affaires avec des particuliers concernant des prêts et des remboursements, pour la période entre 1708 et 1754. 
La comptabilité à usage domestique conserve une trace écrite des transactions effectuées - et nous permet de relever la complexité du système monétaire qui était alors en vigueur ! Ainsi, la monnaie officielle de l'Évêché de Bâle était la livre qui valait vingt sous ou douze batz, et il fallait trois livres pour obtenir un écu : 

Le 10 juin 1718, nous avons veandu douse mesure de bled a Jean Pierre Bessire de Pery vieux, pour 7 batz la mesure payant conten, et ne payant pas conten 7 batz et demy. Delivré une mesure de bled. Delivré une mesure de monture pour 5 batz. Recu 4 ecus le 12 juin 1719 (10.06.1718). 

Les paragraphes mentionnant une dette étaient ensuite biffés lorsque le débiteur s'en était acquitté.

L'auteur garde aussi la trace des travaux effectués pour lui par d'autres personnes :

Jean Henry, fils du susdi Jean Pierre [Bessire] nous a aidé 6 jours pendeant les semailles des bled et un jour au bois (10.06.1718).

Il ajoute à la fin du registre quelques recettes de remèdes. On y trouve, entre autres, un mélange visant à déboucher le nez: Le nez estant fermé par humeur empechant la respiration s'ouvrira par les sucs de bete et de marjolaine ; incorporez en huile d'amendes amers, mellez ensemble, et tirez par le nez ; aussi par la seule fumée de l'herbe de Betume masle ditte nicortane et tabac par les Espagnols prise par le nez.


NB : Le dictionnaire d'Antoine Furetière (éd. 1728) précise au sujet des bettes (poirées) : « Le suc de leurs feuilles, & sur tout celui de leurs racines attiré dans le nez, fait éternuer & décharge le cerveau ».


© Mémoires d'Ici, Fonds Familles, Rosa Steiner

Raphaël Becker

Photographie non identifiée

23 Fév 2017

Nous avons besoin de votre aide pour localiser cette photographie. Merci d'avance pour votre collaboration !

Nouveau carnet d'images

Actualités Mémoires d'Ici - 09 Fév 2017

 

Il était poète - et photographe aussi. Elle était photographe - mais a écrit les textes de ses livres. Simone Oppliger photographie Gustave Roud à deux reprises en 1973, à l'occasion d'une émission de radio à Lausanne, et 1974, chez lui à Carrouge. L'écrivain a 77 ans. Reconnu par ses pairs, il se sait arrivé bientôt au terme de son œuvre. La photographe n'a pas encore publié le livre qui révèlera son talent : Quand nous étions horlogers, témoin d'un monde - celui de son enfance - emporté par la crise.


Les photographies de ces rencontres font partie des portraits les plus connus de Gustave Roud. Pour compléter les images déjà publiées, Mémoires d'Ici a retrouvé les négatifs, dont une sélection est présentée ici. La succession des prises de vue révèle, au sens propre, une recherche : celle d'une photographe qui écrit son sujet par la lumière et les ombres. Elle montre aussi un cheminement : celui d'une jeune femme vers un vieil homme, celui d'une photographe vers un écrivain, celui d'une artiste vers un artiste.

 

 

Découvrez le nouveau carnet d'images consacré à Gustave Roud, réalisé à partir des photographies du Fonds Simone Oppliger, conservé à Mémoires d'Ici.

Gustave Roud photographié par Simone Oppliger, chez lui à Carrouge en 1973
© Mémoires d'Ici, Fonds Simone Oppliger

Femmes au sommet

Le document du mois - 21 Jan 2017

Photographie : Course au Schilthorn, taille : 7 x 11 cm, date : 23 et 24.08.1930, Fonds CSFA, Saint-Imier


Une femme est incapable de résister à la rudesse de la montagne... C'est du moins ce que semblaient penser les montagnards du Club alpin suisse (CAS), dont les femmes furent exclues jusqu'en 1980.

Ce préjugé est démenti dès 1918, à la fondation du Club suisse des femmes alpinistes (CSFA). Son but est de donner la possibilité aux femmes de pratiquer ensemble la randonnée, l'alpinisme et le ski, ainsi que de développer leur intérêt pour les Alpes suisses et la nature. Les Jurassiennes ne sauraient rester à l'écart de l'élan qui s'empare des Suissesses : une section imérienne voit le jour en 1926, la vingt-et-unième. En 1933, les 75 ambitieuses clubistes font construire leur chalet à Mont-Soleil, « La Jonquille ».

Sur cette photographie de 1930 d'une course au Schilthorn, sommet des Alpes bernoises culminant à 2970 m, les alpinistes jurassiennes s'autorisent une halte à un endroit où la vue sur les montagnes environnantes est remarquable. Les sacs à dos reposant sur le sol nous donnent une idée de l'effort nécessaire à l'ascension d'un sommet alpin.

En 1980, CSFA et CAS fusionnent au niveau national. La section féminine imérienne subsiste pourtant sous le nom de CAS Mont-Soleil jusqu'en 2013, date à laquelle elle est intégrée au CAS Chasseral.

Le fonds de la section de Saint-Imier du CSFA est conservé depuis peu à Mémoires d'Ici.


Eloi Marchon et Raphaël Becker

 

Descriptif et inventaire du fonds d'archives

Que l'année 2017 vous soit heureuse!

Actualités Mémoires d'Ici - 20 Déc 2016

Photo: L. Froidevaux et A. Pape de Tavannes en motocyclette, non daté. Mémoires d'Ici, Famille Paule et Henri Schneider

 

Fermeture hivernale : samedi 24 décembre 2016  - dimanche 8 janvier 2017

Quand les cotisations s'élevaient à 60 centimes par mois !

Le document du mois - 07 Déc 2016

La Société mutuelle des émailleurs et peintres du district de Courtelary est fondée à Saint-Imier le 11 novembre 1868. Elle a pour but de créer un fonds de secours pour les ouvriers en cas de maladie. La mise d'entrée est alors de 2 francs, la cotisation mensuelle s'élevant à 60 centimes.
Dès 1870, les ouvriers manifestent un nouvel esprit de cohésion qui se traduit par l'adhésion de la Mutuelle à la Société de résistance pour le district de Courtelary (fonds de grève) et la création au sein de la Mutuelle d'une « Caisse pour cas imprévus ». Durant presque deux décennies passablement mouvementées, la Mutuelle fonctionne comme une corporation ouvrière, faisant valoir les droits des ouvriers face aux patrons, imposant à ses membres le respect des tarifs minimaux. En 1873, le Comité central des associations d'émailleurs priera d'ailleurs les ouvrières de la branche d'adhérer elles aussi à une association « collatérale ».
En 1886, après avoir proposé la création d'une « chambre syndicale des émailleurs du district » distinct, la Mutuelle révise ses statuts et se concentre sur son but originel : servir des prestations de secours en cas de maladie qui constitue la seule sécurité avant le développement du système d'assurance au XXe siècle.
Dans les statuts révisés de 1951, la société a pris le nom de « Société de secours en cas de maladie des faiseurs de cadrans Saint-Imier », ou plus simplement « Mutuelle des faiseurs de cadrans ». Basée à Saint-Imier, elle est ouverte aux Suisses de toutes professions, âgée de 17 à 45 ans, jouissant d'un bon état de santé et d'une bonne réputation.
Après avoir compté une centaine de membres, la Mutuelle décline lentement dans la seconde moitié du XXe siècle, bien qu'elle ne cesse de verser une modeste contribution à ses membres (5 francs par jour d'hospitalisation) jusqu'à sa dissolution, prononcée le 11 mars 2016. Le comité choisit alors de répartir sa fortune de 22 000 francs entre huit institutions régionales d'utilité publique.

Le fonds d'archives de la Mutuelle est accessible à Mémoires d'Ici.

 


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