Mémoires d'Ici - Mémoires d'Ici
UNE DOUBLE MISSION: CONSERVER ET METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL DU JURA BERNOIS 

Nouvelles

Voyager par les livres anciens

Le document du mois - 01 Nov 2017

Pour fêter le vingt-cinquième anniversaire de la Bibliothèque régionale de Saint-Imier, Mémoires d'Ici sortira quelques ouvrages d'exception de ses rayons, les présentera et lira des extraits de récits de voyage.



Voyager par les livres anciens
Mardi 7 novembre 2017, à 19h30
Salle de Rameaux, Rue du Midi 6, 2610 Saint-Imier
Entrée libre


 

Quel intérêt le Jura bernois a-t-il aux yeux des voyageurs du 19e siècle ? Placée à l'écart des grandes routes du tourisme naissant, la région n'est que peu évoquée dans les guides de l'époque. Pourtant, ces Guides du routard avant l'heure, qui s'arrêtent souvent aux mêmes lieux, offrent un regard intéressant sur notre contrée. Cartes de géographie et gravures, descriptions d'hôtels et de restaurants, relais de chevaux, curiosités régionales... les informations contenues dans ces livres disent à leur façon comment les visiteurs extérieurs ont perçu notre région. Les voyageurs racontent, souvent brièvement, leurs découvertes : ils décrivent les paysages qui s'offrent à eux, rapportent les émotions qui les traversent, relatent les accidents qu'ils ont vécus.


Extraits de : Souvenirs de Madame Vigée Le Brun, Paris, 1869 

Si vous avez peur des précipices

Aimable comtesse, si vous avez peur des précipices, je ne vous engage pas à suivre la route de l'évêché de Bâle ; vous pourriez bien n'y éprouver d'autre sensation que le mal de la peur ; les précipices sont à perte de vue, et sans parapets ni barrières ; on les trouve à la droite du chemin ; d'énormes rochers à pic bordent le côté gauche. Il s'en est peu fallu que je ne sois tombée dans ces abîmes. Le cheval qui menait ma voiture allait de droite à gauche au bord des précipices. Le chemin était étroit. Tout à coup mon cheval se cabre ; le sang lui sort des narines et jaillit sur les vitres de ma voiture : le cocher descend pour arrêter le cheval, qui bondissait toujours. J'avoue que j'étais fortement effrayée ; je dissimulais ma peur pour ne pas augmenter celle de ma chère compagne Adélaïde ; le ciel eut enfin pitié de nous. Au moment même où nous étions emportées dans les précipices, un homme (le seul que nous ayons rencontré sur cette route) vient à nous, ouvre la portière et nous fait descendre ; puis aussitôt il se réunit au cocher pour retenir le cheval et lui relâcher le harnais ; le col de la pauvre bête était trop serré, et le sang lui avait porté à la tête. Nous étions certainement perdues sans ce bon paysan ; j'ai voulu le récompenser, mais il m'a refusée, en disant : « Je suis heureux de m'être trouvé là. » Que Dieu le bénisse pour prix du service qu'il nous a rendu.


Extraits de : Madame de Gauthier, Voyage d'une Française en Suisse et en Franche-Comté, 1790

Ses habitans ne sont soumis à aucune espèce d'impôt

Nous retournâmes dîner à l'isle Saint-Pierre ; vers quatre heures le vent s'éleva, ce qui ne nous empêcha pas de nous embarquer. Il est assez rare qu'il soit fort sur le lac de Bienne pour rendre la navigation dangereuse. Comme il n'en est pas de même de celui de Neuchatel, qui devient en peu de tems très-orageux, nous fûmes obligés de débarquer, & de coucher à La Neuveville, faite de voitures. Cette petite ville fait partie de l'évêché de Basle. Tout commerce lui est étranger ; ses habitans, au nombre de cinq cents, vivent du seul produit de leur vignoble ; ils ne sont soumis à aucune espèce d'impôt. (...) Au-dessus de la ville, on apperçoit les restes du château de Schlossberg, qui lui servit long-tems de défense.

 

Extraits de : Manuel du voyageur en Suisse, par Richard, édition revue, Paris, Maison, Libraire, [1837]

Par Malleray (où il y a une fort bonne auberge)

Il y a plusieurs charmantes excursions à faire depuis Bienne. (...)
Tavannes (Dachsfelden), joli endroit ; la Couronne est une auberge estimée. Pop. 600 habit. Le château de Tavannes fut réduit en cendres l'an 1499 ; il appartenait à une famille dont le nom figure parmi les magistrats auxquels les évêques de Bâle confièrent le gouvernement du petit Bâle pendant le XIIIe siècle. (...) Le ci-devant couvent de bénédictins de Bellelay, fondé en 1136, est situé à une hauteur considérable sur le Jura, et à 2 lieues de Tavannes, dans une contrée solitaire, au milieu des bois. On remarque dans les cours du couvent la source de la Sorne, qui, au-delà du village de Sornetan, se jette dans les précipices de Pichoux, où l'on descend par un sentier (...)
A Court, dans le val de Moutiers, par Malleray (où il y a une fort bonne auberge), et Bévillard, 2 lieues. De Court à Moutiers, 1 lieue ½. A Bellelay, 2 lieues, toujours en montant ; de là on trouve des chemins pour entrer dans la vallée de Delémont (...)


Extraits de : Hermann Runge, La Suisse. Collection de vues pittoresques, Darmstadt, 1866

La plupart des maisons sont entourées de spacieux et beaux jardins

Avant de continuer, en descendant la vallée, la route qui conduit à Bienne, remontons-la un instant en prenant la route de La Chaux-de-Fonds. A Sonceboz et à Sombeval le sol est déjà fertile, mais il l'est davantage à Corgémont ; c'est là que le vallon atteint sa plus grande largeur. Plus haut, nous trouvons les villages de Cortébert et Courtelary. Le Vallon-de-St-Imier est fertile ; il possède particulièrement bon nombre de belles prairies et beaux pâturages. Les habitants y exercent plusieurs professions, telle que bordage, crochetage, et la fabrication de la dentelle faites au fuseau qui sont estimées par leur finesse et leur solidité.
(...)
Ces deux derniers villages [Sonvilier et Renan] sont bien bâtis et élégants. La plupart des maisons sont entourées de spacieux et beaux jardins, entretenus avec soin. L'industrie horlogère y prédomine de beaucoup sur les autres arts et métiers. C'est dans les environs de Renan que la Suze prend sa source.

 

Mentions de provenance :

Le Jura bernois: Jules Monod, Le Jura bernois, 1902
Neuveville et le Schlossberg, Le Couvent de Bellelay: Album pittoresque du Jura bernois et neuchâtelois, Saint-Imier, 1894

XVe concours jurassien de ski, st-imier et mont-soleil, 28 et 29 janvier 1939

Le document du mois - 23 Oct 2017

A l'occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, Mémoires d'Ici, Centre de recherche et de documentation du Jura bernois, propose la projection numérique du film consacré au XVe concours jurassien de ski à Saint-Imier et Mont-Soleil, les 28 et 29 janvier 1939, vendredi 27 octobre 2017, à 17h30 et 18h30.

Ce document muet de 19 minutes a été réalisé par Pierre Nicolet, pharmacien et photographe à Saint-Imier. Il documente de manière détaillée les trois courses de fond, saut à ski et slalom qui se sont tenues aux alentours de Saint-Imier et à Mont-Soleil en janvier 1939. La pellicule originale a été récemment remise à Mémoires d'Ici qui l'a fait numériser afin d'assurer sa conservation à long terme et de permettre sa mise en valeur.

L'édition du 30 janvier 1939 du journal Le Jura bernois, dont la collection complète est déposée à Mémoires d'Ici, relate ces deux journées en détail. Ainsi, le déroulement des courses, tout comme la soirée officielle, donnent lieu à un récit vivant et coloré :

« Les concours se sont déroulés dans l'ordre du programme. Samedi, course de Fond. Départ et arrivées ont eu lieu dans les champs situés immédiatement au Nord-Est de St-Imier. Un nombreux public a tenu à venir applaudir les prouesses des Freiburghaus, Soguel, Bernath, Cattin, Frey, Krebs.
Pour lui faire prendre patience entre départs et arrivées un haut-parleur amené là par M. Althaus de Sonceboz, diffuse de la musique ou des renseignements sur les courses. [...]
A 16h30, les coureurs sont tous rentrés. Il ne leur reste plus qu'à passer la soirée le plus agréablement possible. [...] Il y a foule aux XIII Cantons et ce n'est que fort tard que cesse l'animation.
Dimanche matin, Slalom [pour dames et messieurs]. 120 concurrents prennent plus de temps que ne le prévoyait le programme. Ce n'est guère que vers 14h. que les membres du jury peuvent songer à se rendre au Sport-Hôtel où les attend le lunch. Aussi, le concours de saut s'ouvrira-t-il avec un peu de retard. [...] 

Le dépouillement des résultats est long. Songez qu'ont pris le départ 68 coureurs de fond plus de 100 coureurs de slalom et environ 80 sauteurs.
Jamais Concours Jurassien n'a connu pareille participation. Aussi n'est-ce qu'à 19h.30 qu'il est possible de procéder à la proclamation des résultats et à la distribution des Prix. C'est dans la coquette salle des Rameaux que la cérémonie que la cérémonie est présidée par M. M. Baehler, président du comité d'organisation. »

Les résultats de toutes les courses, par discipline et par catégorie, sont retranscrits. On apprend, entre autres, que le Chaux-de-Fonniers Eric Soguel (2e au fond, 2e slalom et 1er au saut) et remporte le combiné devant Willy Bernath et Arthur Grosjean.

 

 Vendredi 27 octobre 2017, à 17h30 et 18h30

Mémoires d'Ici, Rue du Midi 6, 2610 Saint-Imier


Entrée libre

Renseignements : Mémoires d'Ici - 032 941 55 55 - contact@m-ici.ch - www.m-ici.ch 


Ces projections s'incrivent dans le cadre du programme élaboré par MEMORIAV pour la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel

http://memoriav.ch/27-octobre-2016-journee-mondiale-du-patrimoine-audiovisuel-wdavh2017/?lang=fr

1872: la fièvre typhoïde à Reconvilier

Le document du mois - 20 Sep 2017

Le 23 janvier 1872, à la demande du canton, deux médecins se rendent à Reconvilier. Ils sont chargés de faire un rapport sur l'épidémie de fièvre typhoïde qui s'est déclarée dans le village. Leurs observations sont aussitôt communiquées aux autorités, puis publiées dans une plaquette. Elles doivent servirent à éradiquer la maladie et, d'une façon générale, mettre en place des conditions d'hygiène et de soins appropriées pour la classe ouvrière.

Par son détail, ce document révèle une image précise - et effrayante ! - des conditions de vie dans ce village du Jura bernois à la fin du 19ème siècle. Chaque page de ce petit livre contient des informations sur les conséquences de l'introduction de l'industrie dans un bourg jusqu'alors essentiellement agricole et artisanal. Une même situation se retrouve alors dans la plupart des localités de la région.
Les médecins relèvent que le récent développement industriel du village a conduit à un accroissement important de la population, sans augmentation parallèle du nombre de logements. Ils comptent une moyenne de plus de dix habitants par maison et une occupation des lits par deux à trois personnes, malades et individus sains confondus. Ils désapprouvent la disproportion entre le prix d'un logis de deux chambres (12 francs par mois) et le salaire des ouvriers (de 2 à 8 francs par jour). Ils déplorent l'impossibilité d'aérer les logements dans lesquels règne, écrivent-ils, « une odeur de ménagerie ». Des infrastructures permettant à la population de se baigner et de laver correctement literies et vêtements font défaut. Les toilettes sont en nombre insuffisant et obligent les habitants à évacuer les excréments de façon primitive dans l'entourage des maisons. L'eau des fontaines provient de sources locales dont le sol est souillé, certains habitants boivent l'eau tirée de la Birse. L'alimentation des ouvriers est pauvre : ils se nourrissent principalement d'un peu de lait coupé avec de la chicorée et de pommes de terre. Sans jugement, les médecins affirment que la consommation d'eau-de-vie tente de couvrir cette insuffisance de nourriture. Les observations se suivent et poursuivent ce tableau de l'indigence ouvrière.
Les médecins préconisent finalement un ensemble de mesures pour remédier à cette situation. Ils espèrent que l'épidémie qui vient de frapper le village fera que cette réforme sanitaire sera acceptée par la population et qu'elle pourra servir d'exemple pour les autres villages du pays.
Ils seront entendus, mais il faudra du temps. L'essor industriel se poursuit. En 1900, le recensement fédéral enregistre 1730 habitants à Reconvilier, alors qu'il y en avait 915 en 1870. La pénurie de logements est telle que la municipalité prévoit la construction de maisons aux « Fraîches ». Des recherches pour disposer d'eau potable provenant de sous Montoz avaient été entreprises en 1881.


La plaquette fait partie de la bibliothèque de Mémoires d'Ici depuis peu.


VOGT, Adolf. Aerztlicher Bericht über die Nervenfieber-Epidemie in Reconvillier Winter 1871/72 nebst Vorschlägen zur Verhütung dieser Krankheit und zur Ausübung der Gesundheitspflege bei der arbeitenden Klasse / erstattet an die Direktion des Innern des Kantons Bern von Adolf Vogt und Adolf Ziegler. - Bern : Fischer, 1872. - 26 p. ; 20 cm

La Bibliothèque d’Albert et Marguerite Gobat

Le document du mois - 15 Aoû 2017

En 1902, Albert Gobat et Elie Ducommun reçoivent le Prix Nobel de la Paix. Cette récompense est une reconnaissance de leur engagement pour le règlement pacifique des conflits, en particulier dans l'établissement de la Convention de La Haye.

Albert Gobat, homme politique né en 1843 à Tramelan, a été le premier secrétaire général de l'Union interparlementaire (1892-1909) et le directeur du Bureau international pour la paix (BIP). Très engagée aussi, sa fille Marguerite a fondé l'Union Mondiale de la Femme pour la Concorde Internationale (UMF) et la section suisse de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté.

Une centaine d'ouvrages ayant fait partie de leur bibliothèque est aujourd'hui conservée à Mémoires d'Ici. Ces livres d'histoire, de littérature et de politique dessinent à leur façon leur monde intellectuel : d'Hippolyte Taine à Romain Rolland, de Montesquieu à Tolstoï, d'Alphonse Daudet à Eugène Sue, ces lectures ont nourri leur réflexion et leur imaginaire.

Parmi ces ouvrages, retenons le très beau Lange's Upper Rhine = Le Haut Rhin dont la traduction française a été publiée dans les années 1850. Le volume contient, outre un éloge du Rhin en guise d'introduction, un panorama historique et géographique des régions parcourues par le fleuve. Il est augmenté d'une cinquantaine de gravures sur acier réalisées notamment par Eduard Willmann et Ludwig Rohbock.

 

Gravure sur acier d'Eduard Willmann, Heidelberg: vom riesensteiner Weg aus gesehen, tirée de Lange's Upper Rhine = Le Haut Rhin. - London : Lange & Koehler ; New York : Lange & Kornfeld ; Paris : Scriba, [18- -]. - 360 p., [52] f. de pl. : ill. ; 24 cm

 

Vacances d'été

Actualités Mémoires d'Ici - 06 Jul 2017

© Collections Mémoires d'Ici

 

Éboulement à l’entrée de Reuchenette, le 17 juin 1967

Le document du mois - 15 Jui 2017

© Collections Mémoires d'Ici. Photographe: Peter Gisler

 

Imaginez-vous à la place de ce cycliste qui, un matin vers 3h20, fut surpris de constater que la route cantonale de l'entrée de Reuchenette se soulevait sous ses roues. Croyant d'abord être victime d'hallucinations, il comprit soudain, tout comme un automobiliste qui passait aussi par là, qu'un glissement de terrain se manifestait devant ses yeux ! Il s'empressa d'avertir la police et les pompiers.

C'est il y a cinquante ans déjà - le 17 juin 1967 - qu'eut lieu un éboulement près de la cimenterie Vigier SA. Ces mouvements de terrain soulevèrent les voies de chemin de fer et la route de plus de six mètres sur une longueur de trois cents mètres. Ils coupèrent les lignes électriques et téléphoniques, et interrompirent le trafic ferroviaire pendant cinq jours. Un service d'autocars dut être mis en place entre Bienne et Reuchenette. D'importants et précautionneux travaux furent entrepris afin de remettre en état les voies de communication sans provoquer de nouveaux éboulements.

Raphaël Becker

 

 

Charles Henry Germiquet, cultivateur à Sorvilier, soldat de Napoléon

Le document du mois - 01 Jui 2017

© Mémoires d'Ici, Fonds Maurice Girod-Germiquet


J'ai trouvé beaucoup de garçons du pays. Il y a Victor Marchand de Court qui se porte bien et qui salue bien leur gens. Et deux de Moutier, trois du Cornet et un de Souboz, un de Tavannes et celui au Cordier de Tramelan, tous dans notre Compagnie


Lorsqu'il arrive à Colmar le 25 mars 1813, Charles Henry Germiquet, de Sorvillier, connaît l'ascension fulgurante de Napoléon au pouvoir, ses conquêtes impériales - et sa retraite effroyable de Russie. Il sait que sur les centaines de milliers d'hommes incorporés dans la Grande Armée en 1812 lors de la campagne de Russie, moins de 30 000 repassèrent le Niémen avec leur commandant Murat.


A Sorvillier, comme dans tous les villages de la région, alors française, le service militaire est obligatoire pour les hommes âgés entre 20 et 25 ans, par tirage au sort. Les noms des conscrits sont soigneusement inscrits sur une liste. Pour la classe de l'année 1812, ils seront 48 du « Canton de Moutier » à être admis au tirage. Charles Henry Germiquet aura le numéro 33.


Le jeune homme a tout juste 21 ans. En quittant son village, il découvre un monde nouveau. Dans l'éloignement, il tient à rassurer sa famille : Chers Père, Mère, Frères et Sœurs ! La présente est pour vous faire connaitre l'état de ma santé, laquelle est fort bonne grâce à Dieu. Mais il reste conscient de son sort possible : Nous sommes bien, nous sommes résolus dans notre malheur.


Désormais à l'étranger, il se rapproche de ceux de son pays et en donne des nouvelles : 

J'ai trouvé beaucoup de garçons du pays. Il y a Victor Marchand de Court qui se porte bien et qui salue bien leur gens. Et deux de Moutier, trois du Cornet et un de Souboz, un de Tavannes et celui au Cordier de Tramelan, tous dans notre Compagnie. Il sait sans doute qu'en nommant ses compagnons, il laisse une trace écrite d'eux et dit aux leurs qu'ils sont encore vivants : La 6ème Compagnie est presque tout de garçons du Haut-Rhin, il y a un Schaffter de la Montagne de Moutier, un Benoit de Romont qui restait à Villeret, Liengme Théodore qui vous fait bien ses compliments et à son frère, et Marchand Adam Louis de Tramelan, et Carnal de Souboz, et Marchand Victor de Court qui a aussi écrit une lettre, et beaucoup d'autres du Val Saint-Imier et du canton de Bienne.


A travers son regard, on entre dans un monde militaire qu'il découvre lui-même : 

Nous serons bien habillés, nous aurons schako, gilet, veste d'ordonnance, deux paires de culotes, une paire de guêtres noire, une paire de souliers, des bottes avec éperons, carabine, sabre, giberne, deux pistolets, capote grise, deux chemises. Tout de neuf et chacun 2 chevaux et un char, mais il n'y a pas encore de chevaux.


De son séjour à Colmar pour son recrutement, puis à Commercy son dépôt, il écrit quatre lettres. Pour une raison qui nous est inconnue, mais que l'on peut imaginer, un de ses contemporains a recopié soigneusement ces messages dans une petit cahier, en indiquant la date de la réception du document et celle à laquelle on lui a donné réponse. Ce document, précieux et émouvant, est conservé depuis peu à Mémoires d'Ici. Nous en donnons ici la retranscription, dont l'orthographe originale a été conservée : 

http://www.m-ici.ch/uploads/transcription_du_manuscrit_de_1813_.pdf

Charles Henry Germiquet reviendra de son engagement. Il sera régent du village, comme son père Jean-Pierre, il mourra veuf en 1869.

Avec les recherches de Jean-Luc Marchand et Bernard Romy.
Mémoires d'Ici, Fonds Maurice Girod-Germiquet

 

 

 

 

 

 


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Si Court nous était conté. Histoire d'un village en image