Mémoires d'Ici
UNE DOUBLE MISSION: CONSERVER ET METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL DU JURA BERNOIS 

Nouvelles

Vernissage de l'ouvrage de Roger-Louis Junod Une Ombre éblouissante

Actualités Mémoires d'Ici - 25 Mai 2016

Roger-Louis Junod nous a quittés le 9 juillet 2015, au terme d'une longue vie tout entière dédiée à la littérature et à l'amour de la langue française. Ses premiers romans, très patiemment écrits et composés, innovent et surprennent par leur très cohérente originalité.

Mémoires d'Ici, Fonds ROGER-LOUIS, LUCETTE ET PIERRE-FRÉDÉRIC JUNOD
Photographie: Simone Oppliger


Nous vous convions au vernissage de l'ouvrage,
le jeudi 26 mai 2016, à 20h00, à l'Hôtel de ville de Tavannes.


 

Dans Une ombre éblouissante, paru en 1968, le personnage principal, Laurent Masson, un jeune intellectuel du Jura bernois, condamné par une leucémie, se confronte à la difficulté de la connaissance de soi et de la relation entre le réel et l'imaginaire. L'enjeu, au terme de sa vie si brève, est de faire quelque chose de son tragique destin. 

 

Une ombre éblouissante, de Roger-Louis Junod

Infolio éditions, collection Maison neuve, 2016, 

280 pages, 12 x 18 cm

ISBN 978-2-88474-953-4

 

 

Chère Marraine...

Actualités Mémoires d'Ici - 12 Mai 2016

Il a 32 ans. Il vient de Roubaix où il était trieur de laine. Il a été fait prisonnier de guerre quand les Allemands ont envahi le nord de la France. Il a rejoint alors le camp de Holzminden, en Basse-Saxe, laissant au pays sa mère âgée, sa femme et son enfant.
En février 1916, après seize mois de captivité, il sollicite la protection d'une marraine de guerre. Ce sera Lydia Clottu, une jeune femme de Cornaux dans le canton de Neuchâtel. Dans ses premières lettres, il demande des vivres, puis un petit savon.
Reconnu malade par les commissions médicales, il est un des 75'000 internés qui séjourneront en Suisse entre 1916 et 1918. Le 17 mai 1916, il arrive à Saint-Imier. Il poursuit alors sa correspondance avec sa marraine. Au fil des mois, un lien se tisse. Dans la solitude de l'exil, dans l'éloignement de la famille, dans l'incertitude quant à l'avenir de son pays en guerre, le prisonnier lutte contre son « cafard ». Ecrire à cette femme qui lui envoie, au gré des saisons, des cerises ou du raisin le rattache au monde des hommes.
L'échange épistolaire sera le fil rouge de la présentation de l'histoire des internés civils et militaires à Mont-Soleil, 

mardi prochain, 17 mai 2016, à la salle de la Paroisse réformée à Saint-Imier.

L'entrée est libre et le verre de l'amitié sera offert par la Municipalité de St-Imier à l'issue de la présentation.

Mémoires d'Ici, Fonds Lydia Clottu.

 


 

17 mai à 20h00 à Saint-Imier : CONFÉRENCE sur LES PRISONNIERS DE GUERRE À MONT-SOLEIL

Actualités Mémoires d'Ici - 10 Mai 2016

Le 17 mai 1916, douze soldats et vingt-cinq civils français en provenance de Constance reçoivent un accueil triomphal à leur arrivée à Saint-Imier. Les autorités de la petite ville et toute la population se sont massées à la gare pour accueillir ce premier convoi d'internés français à destination de Mont-Soleil. Baptiste Savoye en personne, conseiller national et directeur de la fabrique d'horlogerie Longines, s'est porté président du Comité d'hospitalisation. Les gens s'entassent le long des rues, se dressent sur les talus ou sur les toits plats pour mieux voir les hommes qui arrivent.

Arrivée des internés à St-Imier, le 17 mai 1916: Mémoires d'Ici, Fonds Oliver Wileczelek

A l'entrée en gare de l'express de 8h39, le Corps de musique entonne La Marseillaise. Vingt drapeaux sont tendus en ligne sur le quai. Une dizaine d'enfants portent d'énormes bouquets de fleurs aux couleurs de la France.

On crie de partout : « Vive la France ! ». Les internés répondent : « Vive la Suisse ! » La réception est si imposante que le correspondant du journal local écrira aussitôt : « On dirait la grande fête qui couronne une victoire politique ou militaire. » (Le Jura bernois, 17 mai 1916).


Cet épisode, tombé dans l'oubli, sera retracé à travers des documents d'époque : photographies, journaux, témoignages, ainsi que la correspondance exceptionnelle d'un prisonnier avec sa marraine de guerre. Cent ans jour pour jour après l'arrivée des premiers prisonniers à Saint-Imier, Mémoires d'Ici vous convie à une conférence

mardi 17 mai 2016, à 20h00, à la salle de la Paroisse réformée, rue de la Cure 1 à Saint-Imier.


L'entrée est libre et le verre de l'amitié sera offert par la Municipalité de St-Imier à l'issue de la présentation.

 

 

 

Troisième extrait du Journal de Lydie-Amie Farron: Le gémissement des arbres

Actualités Mémoires d'Ici - 21 Avr 2016

Ce gémissement [des arbres] me rappelait vivement la mer et nos forêts du Jura

Le 23 janvier 1849, à Taroussovo


Tous les jours 5 ou 6 traîneaux étaient attelés et les jeunes Messieurs faisaient les cochers pour nous faire faire des parties de plaisir, soit dans les beaux bois des environs, soit dans les champs au bord des rivières ; un jour où il faisait bien froid, nous fûmes conduites à une fabrique de porcelaine à 10 verstes de Taroussovo, pour y arriver, il fallait passer de belles forêts dont les branchages des bois étaient couverts de neige. Le vent agitait légèrement les branches des sapins qui gémissaient en s'entrechoquant et ce murmure, ce gémissement me rappelait vivement la mer et nos forêts du Jura.

Crédit iconographique: Mémoires d'Ici, Fonds Flotron

Deuxième extrait du Journal de Lydie-Amie Farron : les cloches de Novgorod

Actualités Mémoires d'Ici - 20 Avr 2016

Ces cloches de Novgorod ne sortiront jamais de mon souvenir

Le 2 juillet 1849

Je ne sais à quel motif ou pour quel souvenir se fait aujourd'hui (dimanche) une grande procession. Tout le peuple est en rumeur, on porte des images et les drapeaux des églises le long du pont sur la Volkoff et autour des murs du Kremlin et des remparts, une foule suit cette procession. Pendant ce temps, qui a duré au moins deux heures, les cloches n'ont cessé de se faire entendre, surtout celle de la cathédrale de Ste Sophie, dont le carillon a quelque chose de si extraordinaire qu'on se sent comme transporté au-dessus des régions de cette terre. Il semble que c'est un appel au ciel qui est fait au chrétien. Ces cloches de Novgorod ne sortiront jamais de mon souvenir. Le peuple se découvre et se prosterne dans les rues à la vue des images il fait un tems magnifique, un de ces jours si précieux à cause de leur extrême rareté dans ces parages.

Crédit iconographique: Mémoires d'Ici, Fonds Hoirie Guerne

 

Premier extrait du Journal de Lydie-Amie Farron: La trajet de Tavannes à Sonceboz est si court quand on va là pour se séparer dans quelques minutes.

Actualités Mémoires d'Ici - 19 Avr 2016

Lydie-Amie Farron a séjourné une première fois en Russie, à partir de 1838. Le 1er novembre 1841, après un bref séjour à Tavannes, elle quitte à nouveau la Suisse pour rejoindre ses employeurs en Italie. Elle traverse la Suisse, fait halte à Berne, Lausanne et Sion, passe le Simplon au clair de lune, descend le Bassin de Domodossola, arrive à Milan où elle ne trouve pas la personne qui devait l'y attendre.
Ces lignes sont les premières de son journal. Lydie-Amie Farron y dit la douleur de quitter sa mère, sa famille, son pays.

 

Mon départ de Tavannes pour l'Italie 

1er novembre 1841


A peine levée, je descendis de ma chambre pour aller voir ma bonne mère, je la trouvai assise près du foyer occupée tout en pleurant silencieusement à retourner des beignets dans une casserole; je m'approchai d'elle pour lui demander son baiser maternel, de grosses larmes tombaient le long de ses joues, elle baissa les yeux quand elle sentit mes mains sur ses épaules et me regarda d'un air profondément triste et me demanda comment je me sentais et comment j'avais passé la nuit. (...) Que vous êtes à plaindre, vous, pauvres mères qui devez laisser vos filles partir seules pour des pays lointains que vous ne connaissez pas ! Que se passe-t-il dans votre cœur pendant qu'elles voyagent si vous n'avez pas voyagé vous-mêmes ? Votre inquiétude doit être moins grande. Que l'orphelin et le pauvre doivent souffrir sur cette terre ; au banquet du bonheur ils sont si rarement conviés. Qu'est-ce qui les soutient, si ce n'est la pensée puissante et consolante que cette vie n'est qu'un court voyage qui nous conduit dans notre véritable patrie. Là nos travaux et nos peines seront couronnés. (...)

Arrivés au pied de la montagne, je voulus descendre du cabriolet, mais mon frère s'y opposa. Je me retournai pour voir à travers les arbres de notre jardin la maison blanche de ma mère ; une des fenêtres de notre chambre à coucher se montra belle découverte. De sous Pierre Pertuis, je jetai un dernier regard sur notre beau vallon et lui dis encore adieu. Il faisait un très beau jour, un beau soleil du mois de novembre répandait une douce chaleur. L'air était si calme à peine si on pouvait entendre de tems en tems la feuille jaunie du hêtre tomber doucement sur le gazon. J'étais trop vivement et trop profondément émue pour pouvoir déjà à la vue de la nature me laisser aller à la rêverie, d'ailleurs la présence de mon frère et de mes sœurs occupait encore mon cœur. La trajet de Tavannes à Sonceboz est si court quand on va là pour se séparer dans quelques minutes. La diligence de Bâle ne tarda pas à arriver. Je fus heureuse de voir dedans mon cousin Bueche avec sa fille Aline, c'était au moins encore un membre de ma famille qui m'accompagnerait jusqu'à Berne (...) Le claquement du fouet du postillon annonça que la voiture était prête. Je n'aime pas que les adieux durent longtemps. Mon frère sanglota en m'embrassant, me donna la main en me disant d'oublier la scène de la veille. Je fus avec lui comme s'il n'y avait rien eu entre nous, je lui assurai que je ne gardais aucune rancune (habituée depuis tant d'années aux souffrances, mes larmes ne coulent plus facilement, mon cœur se brise, mais je ne pleure pas, d'ailleurs au milieu de tous ceux qui m'aiment, que deviendrais-je en me séparant d'eux si je pleurais autant d'eux ? Ils penseraient que je suis une victime, n'ayant aucune fortune. Que me reste-t-il à faire, quoique j'aie de parens qui en ont, je suis trop fière pour vivre aux dépens d'autrui. Je voudrais donner, mais ne jamais recevoir. Je dis donc que vu ces circonstances-là, je dois surmonter mes angoisses et montrer par mon sang-froid à ma famille que je pars, sinon avec plaisir, du moins avec courage et résignation. Après avoir quitté mes bonnes sœurs et mon frère, je gardai longtemps le silence. Mon cousin par délicatesse ne dit pas un mot, il me laissa me livrer à ma douleur mentale. Mes pensées couraient comme l'eau de la Suze.

Crédit iconographique: Mémoires d'Ici, Fonds Hoirie Guerne

 

 

Lydie-Amie Farron, une Tavannoise en Russie

Actualités Mémoires d'Ici - 18 Avr 2016

Elle a vingt-et-un ans lorsqu'elle quitte Tavannes pour partir en Russie fin juillet 1837. La jeune institutrice formée à Bienne est engagée comme préceptrice chez un général à Moscou. Pendant plus de vingt ans, elle mettra son temps et son savoir au service de familles russes.
Le jour de son départ, du Pierre-Pertuis, elle jette un dernier regard sur son beau vallon : elle renonce à un bourg agricole de 600 à 700 habitants pour entrer dans le monde de la noblesse étrangère. En montant dans la diligence qui l'attend à Sonceboz, elle commence un voyage qui la mènera de Moscou à Saint-Pétersbourg, de Novgord à Varsovie, mais aussi à Florence, à Rome et à Naples. Elle sera dans le Caucase pendant la guerre de Crimée.

Mémoires d'Ici conserve une trentaine de cahiers dans lesquels Lydie-Amie Farron a relaté sa vie dans un monde étranger, ses découvertes, ses impressions - et, si souvent, l'ennui de sa famille et son mal du pays.


Ces documents exceptionnels seront présentés au public,

le jeudi 21 avril 2016 à 20 heures, à la Bibliothèque Régionale Tavannes,

dans le cadre des festivités marquant les 1150 ans de Tavannes.

 


Mémoires d'Ici

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