Mémoires d'Ici
UNE DOUBLE MISSION: CONSERVER ET METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL DU JURA BERNOIS 

Nouvelles

Quand les cotisations s'élevaient à 60 centimes par mois !

Le document du mois - 07 Déc 2016

La Société mutuelle des émailleurs et peintres du district de Courtelary est fondée à Saint-Imier le 11 novembre 1868. Elle a pour but de créer un fonds de secours pour les ouvriers en cas de maladie. La mise d'entrée est alors de 2 francs, la cotisation mensuelle s'élevant à 60 centimes.
Dès 1870, les ouvriers manifestent un nouvel esprit de cohésion qui se traduit par l'adhésion de la Mutuelle à la Société de résistance pour le district de Courtelary (fonds de grève) et la création au sein de la Mutuelle d'une « Caisse pour cas imprévus ». Durant presque deux décennies passablement mouvementées, la Mutuelle fonctionne comme une corporation ouvrière, faisant valoir les droits des ouvriers face aux patrons, imposant à ses membres le respect des tarifs minimaux. En 1873, le Comité central des associations d'émailleurs priera d'ailleurs les ouvrières de la branche d'adhérer elles aussi à une association « collatérale ».
En 1886, après avoir proposé la création d'une « chambre syndicale des émailleurs du district » distinct, la Mutuelle révise ses statuts et se concentre sur son but originel : servir des prestations de secours en cas de maladie qui constitue la seule sécurité avant le développement du système d'assurance au XXe siècle.
Dans les statuts révisés de 1951, la société a pris le nom de « Société de secours en cas de maladie des faiseurs de cadrans Saint-Imier », ou plus simplement « Mutuelle des faiseurs de cadrans ». Basée à Saint-Imier, elle est ouverte aux Suisses de toutes professions, âgée de 17 à 45 ans, jouissant d'un bon état de santé et d'une bonne réputation.
Après avoir compté une centaine de membres, la Mutuelle décline lentement dans la seconde moitié du XXe siècle, bien qu'elle ne cesse de verser une modeste contribution à ses membres (5 francs par jour d'hospitalisation) jusqu'à sa dissolution, prononcée le 11 mars 2016. Le comité choisit alors de répartir sa fortune de 22 000 francs entre huit institutions régionales d'utilité publique.

Le fonds d'archives de la Mutuelle est accessible à Mémoires d'Ici.

 

La tête dans les étoiles

Le document du mois - 24 Nov 2016

L'observatoire du pasteur Jean-Louis Herzog à La Ferrière
Plaque photographique pour la projection, non datée, 9 x 10 cm
© Mémoires d'Ici, Fonds Erich Brunner

Mémoires d'Ici a reçu du pasteur Erich Brunner de Bévilard le prêt de 551 plaques de verre et un projecteur.

Il s'agit de la diathèque du Pasteur Jean-Louis Herzog, de la Ferrière. Celui-ci a constitué cette collection pour illustrer les conférences scientifiques ou encyclopédiques qu'il organisait. De nombreux thèmes y sont représentés : astronomie, sciences naturelles, art religieux, villes et monuments suisses, volcans et tremblements de terre, guerres balkaniques, etc.

Jean-Louis Herzog naît en 1875 à Neuchâtel. Grandissant au sein d'une famille pieuse, il a très tôt le sentiment que Dieu l'appelle à exercer le ministère pastoral.

Consacré en 1899, après des études à Neuchâtel et à Berlin, il est tout d'abord chapelain de l'Hôpital de Pourtalès à Neuchâtel, puis pasteur intérimaire à Chézard-St-Martin, Fleurier, Môtiers, St-Blaise et Chardonne (Vaud).
De 1904 à 1911, il dirige l'Eglise libre de Tramelan, remplace le pasteur Guye de Neuchâtel jusqu'en mars 1912, puis exerce en France à Seloncourt. En 1913, il revient dans le Jura bernois, où il achève sa carrière pastorale.
De 1913 à 1928, il est pasteur à La Ferrière et de 1928 à 1941, à Bévilard. Retiré à Corcelles (NE), il y décède en 1943.

Membre de l'Emulation jurassienne, il est président de la section de la Prévôté. Les domaines les plus divers des sciences naturelles l'intéressent mais l'astronomie est la science qu'il cultivait le plus.
Il est membre de la société d'astronomie de France et donne chaque jour, de sa station d'observation de La Ferrière, des renseignements précis à l'office météorologique.

Toute sa vie, il s'intéresse activement à la jeunesse. Alors qu'il séjourne à St-Blaise, il est agent cantonal des Unions cadettes neuchâteloises. En 1909, il représente les Unions chrétiennes du Jura au congrès universel de ces associations. Plus tard, il apporte une active collaboration au mouvement scout. Il préside le corps des Éclaireurs jurassiens, puis l'ensemble de cette association suisse.

Il est président du Dispensaire antituberculeux du district de Moutier, après avoir été fondateur de celui du district de Courtelary, président de la Croix-Rouge du district de Courtelary, membre de la direction de l‘Hôpital de Moutier, inspecteur d'assistance de l'arrondissement de Saint-Imier, membre de Pro Juventute et créateur de l'Œuvre pour la vieillesse au Jura.

L'intégralité des plaques de verre est désormais numérisée et intégrée à notre base de données photographiques. Les documents iconographiques seront prochainement disponibles en ligne, sur notre site Internet.

Sources: SIMON, Charles (fils). « Le pasteur Jean-Louis Herzog ». Trait d'Union jurassien, no 5, mai 1943

 

Chère Mobilière...

Le document du mois - 15 Nov 2016

« Plan de Villeret pour l'assurance mobilière suisse, avril 1895 », 1:2500, 32 X 47 cm
(Source : Fonds La Mobilière, Saint-Imier)

La nuit du 21 au 22 septembre 1889, un violent incendie détruit un groupe de cinq maisons du Coin-Dessous, à Villeret. Une partie du mobilier de quelques familles seulement a pu être sauvé. Ceux auxquels rien ne reste sont justement les personnes non assurées.

La Société d'assurance suisse contre l'incendie du mobilier (La Mobilière) est pourtant active depuis 1826. Première assurance privée du pays, elle n'est guère populaire au XIXe siècle, tout comme l'Assurance des bâtiments contre l'incendie (AIB) mise en place dans le canton en 1806. Malgré le risque majeur que constitue l'incendie pour les villes et villages suisses en phase d'industrialisation, les sinistrés préfèrent compter sur la charité et la solidarité de la collectivité.

En 1861, l'incendie de Glaris détruit près de 600 bâtiments de la ville. Il provoque un véritable électrochoc dans toute la Suisse et, dans la foulée, la naissance de nouvelles assurances privées. Les Jurassiens assureront désormais un peu plus volontiers leurs biens, avec pour conséquence imprévue une recrudescence suspecte des incendies en 1868 !
De leur côté, les autorités bernoises légifèrent et rationnalisent. L'AIB devient ainsi obligatoire en 1881 ¬ malgré le refus des Jurassiens. En 1897, le canton renouvelle les prescriptions en matière de police du feu, codifiant de manière uniforme la lutte contre l'incendie sur tout le territoire et dans ses moindres détails.

A Saint-Imier, le bureau de La Mobilière fait relever les plans des villages de la région entre 1895 et 1897. Il s'agit de mettre en évidence les dispositifs d'intervention disponibles (fontaines, puits, réservoirs, hangars des pompes), les risques spécifiques (à Orvin, on précise qu'il n'y a plus de bardeaux sur les toits), les bâtiments à protéger, classés selon leur fonction et leur valeur (bâtiments artisanaux et industriels, édifices publics, fermes, constructions en projet, etc.). Témoignages de l'évolution de l'assurance-incendie et de la lutte contre les incendies, ces documents permettent également de saisir le processus d'industrialisation et les transformations urbanistiques qui marqueront durablement de nombreux villages.

Inventaire des plans remis par le bureau imérien de La Mobilière à Mémoires d'Ici

 

 

Finissage de l'exposition Rétrospective Michel Wolfender: dimanche 13 novembre

Actualités Mémoires d'Ici - 10 Nov 2016

L'exposition multisite Rétrospective Michel Wolfender touche déjà à sa fin. 

Le finissage aura lieu le dimanche 13 novembre, dès 16h00, à la Salle des Rameaux, à Saint-Imier.


Le Musée Jurassien des Arts de Moutier et Mémoires d'Ici à Saint-Imier invitent les personnes intéressées à partager le verre de l'amitié. Michel Wolfender sera présent à cette occasion. 


La dernière visite commentée de la partie imérienne de l'exposition aura le même jour à 15h00.

Le site de Moutier sera ouvert de 14h00 à 18h00.



 


Pommier à Saint-Imier, © Michel Wolfender, photographie DR

 

 

Mardi 8 novembre : lecture par Claudine Houriet

Actualités Mémoires d'Ici - 07 Nov 2016

Claudine Houriet, peintre et écrivain de Tramelan, est l'auteure d'une dizaine d'ouvrages, alternant poésie, nouvelles et romans, dont Une aïeule libertine et Le mascaret des jours. 

Dans une veine teintée de fantastique, L'enlèvement raconte le rapt d'une fillette décédée par sa mère. Malgré la pression des siens qui tentent de lui faire accepter la réalité, celle-ci arrache littéralement l'enfant au trépas et s'enfuit à travers le monde avec celle qui n'a de réalité tangible que pour elle. De la Bretagne à Venise, de New York à Cordoue, le périple tourne à l'affrontement.

La lecture a lieu dans le cadre de l'exposition Michel Wolfender - Rétrospective, qui traite, en particulier, des collaborations de l'artiste jurassien avec les écrivains.

Mardi 8 novembre 2016, à 19h30
Entrée gratuite
Un verre de l'amitié sera offert à l'issue de la présentation
Salle des Rameaux, Mémoires d'Ici, rue du Midi 6, 2610 Saint-Imier

 

Une disette menace le bétail jurassien en 1893

Le document du mois - 30 Oct 2016
L'été 1893 s'avère particulièrement sec en Suisse, les récoltes sont insuffisantes et le fourrage s'annonce rare pour l'hiver à venir. Il faut urgemment parer au désastre. 

La Société d'agriculture du district de Courtelary (SADC) prend la tête d'une commission chargée d'acheter divers types de fourrages à l'étranger et de les revendre à des prix abordables aux agriculteurs du district. Le Conseil fédéral s'engage pour sa part à rembourser une partie des frais d'importation et à supprimer les taxes de douanes. Dès lors, en collaboration avec divers intermédiaires tels que l'usine du Torrent à Cormoret, la SADC procède à des importations massives en provenance de Marseille et Venise. Celles-ci s'étalent de l'automne 1893 au mois de mars 1894, date à laquelle les dispositions du Conseil fédéral prennent fin : le pire a été évité.

La Société d'agriculture du district de Courtelary a choisi de se dissoudre le 21 mai 2015, après 142 années passées au service de l'agriculture et des branches qui en dépendent. Les détails de cet épisode - parmi tant d'autres - sont à découvrir dans les archives de la société, désormais accessibles à Mémoires d'Ici. 

 

Descriptif et inventaire du fonds d'archives Société d'agriculture du district de Courtelary 

 



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Dimanche 30 octobre: EXPOSITION MICHEL WOLFENDER - VISITE COMMENTEE

Actualités Mémoires d'Ici - 27 Oct 2016

Wolfender - Portrait du grand-père

 

Que savons-nous de Michel Wolfender ? Comment pouvons-nous aborder ses œuvres et tenter de les comprendre ? Les visites commentées organisées par Mémoires d‘Ici et le Musée jurassien des arts offriront quelques pistes dans la découverte de ce peintre et graveur unique dans le paysage artistique contemporain.

 

A Saint-Imier, Sylviane Messerli parlera des collaborations de Michel Wolfender avec les écrivains, de ses liens avec sa région natale, de la cohérence remarquable de sa production au fil de sa vie.

 

  Etude de portrait, photographie © André Boulze 


Les dimanches 9 octobre, 30 octobre et 13 novembre à 15h00 à Mémoires d'Ici

Dimanche 23 octobre, visite combinée : 14h15 à Mémoires d'Ici et 17h00 au Musée jurassien des Arts à Moutier

Entrée gratuite
Un verre de l'amitié sera offert à l'issue des visites
Salle des Rameaux, Mémoires d'Ici, rue du Midi 6, 2610 Saint-Imier


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