Mémoires d'Ici - Dossiers web - DE LONDRES A SAINT-IMIER Naissance d'un mouvement anarchiste dans les montagnes jurassiennes

DE LONDRES A SAINT-IMIER
Naissance d'un mouvement anarchiste dans les montagnes jurassiennes

De l'Association internationale des travailleurs à l'Internationale antiautoritaire (1)

C’est d’une scission au sein de l’Association internationale des travailleurs (AIT), dite aussi Première Internationale, que naîtra la Fédération jurassienne et avec elle le premier courant anarchiste de Suisse.
Issue du mouvement ouvrier, l’AIT est fondée à Londres en 1864. Karl Marx est la figure dominante du conseil général, son organe exécutif. L’AIT s’implante bien en Suisse, notamment dans le Jura. En 1868, notre pays comptait quelque 120 sections et 10 000 membres. Les sections romandes se réunissent en une Fédération romande en 1869.


Marx et Bakounine

La fin des années 1860 est marquée par les luttes entre les partisans du révolutionnaire russe Bakounine, les collectivistes, qu’on appellera aussi plus tard anarchistes, et ceux de Marx et du conseil général de l’AIT, les communistes. Ces derniers sont pour un État centralisé et voient dans l’action politique le moyen de conquérir l’État et de faire triompher la cause ouvrière.

Bakounine défend l’autonomie des individus et le principe de l’organisation fédéraliste. Les individus doivent pouvoir se fédérer librement à l’échelle locale, régionale ou internationale. Il est pour la collectivisation des moyens de production. Il rejette toute participation à la vie politique, qui ne fait que le jeu de la bourgeoisie, et prône la disparition de l’État.
Parmi les bakouninistes, on trouve notamment les Espagnols, les Jurassiens et des Belges. Les Genevois et une partie des Chaux-de-fonniers ne partagent en revanche pas les mêmes vues. Les tensions naissent au sein de la Fédération romande qui se divise en deux fractions lors de son congrès à La Chaux-de-Fonds en 1870.