Mémoires d'Ici - Dossiers web - L'EGLISE REFORMEE JURASSIENNE Des classes au synode jurassien

L'EGLISE REFORMEE JURASSIENNE
Des classes au synode jurassien

Théophile Rémy Frêne et Charles Ferdinand Morel, personnalités hors du commun

Charles-Ferdinand Morel, né le 7 septembre 1772, achève à dix-sept ans ses études de théologie et s’engage pour trois ans comme aumônier dans le Régiment de l’Évêché de Bâle au service de France. À son retour, il est nommé pasteur de Corgémont, devient Doyen de la Classe d’Erguël, exerce sans relâche son ministère jusqu’à sa mort, le 7 mai 1848. La vie absorbe tout son temps: il se préoccupe du peuple, lutte contre le paupérisme — il fonde la Caisse des pauvres du district de Courtelary — s’intéresse à tout effort pour améliorer l’agriculture, implanter l’industrie, aménager les voies de communication, afin de porter au plus haut degré le développement de toutes les forces et de tous les moyens de prospérité du pays. La vie politique ne le laisse pas indifférent, il sera député à l’Assemblée constituante de 1830/1831. En 1813, Charles-Ferdinand Morel publie son Abrégé de l’histoire et de la statistique du ci-devant Évêché de Bâle, monument de connaissances sur les origines et la situation du Jura à l’époque. À l’heure où le régime français s’écroule, Charles-Ferdinand Morel adresse, avec les notables d’Erguël, une pétition au Congrès de Vienne, pour que le Jura devienne canton suisse; il rédige un projet de constitution d’un État libre et souverain sous le nom de Canton de la Rauracie. L’histoire reconnaît depuis longtemps à Charles-Ferdinand Morel la dimension de ces hommes dont le souvenir grandit avec le temps. 

Source: Denis Moine, “Quotidien Jurassien” 07/09/1994

Le pasteur Théophile Rémy Frêne

Fils de pasteur, érudit et homme des Lumières, il fut diacre d’Erguël, ministre des paroisses de Péry, Courtelary et de Tavannes-Chaindon. Il est surtout connu pour son célèbre journal personnel, journal qu’il tint de ses quatorze ans à la veille de sa mort, le 15 juin 1804. Ce document, édité en 1993, est conservé aux Archives de l’État de Neuchâtel... cependant, une page perdue s’était glissée dans le fonds de l’Église réformée!
Les pasteurs Théophile Rémy Frêne et Charles Ferdinand Morel figurent sans nul doute parmi les personnalités jurassiennes les plus remarquables de leur temps. Leurs activités religieuses, que l’on peut partiellement saisir dans les pages du fonds de l’Église réformée, ne représentent qu’une facette de leur action qui se déploya dans de nombreux autres domaines, comme la politique, la philosophie, l’agriculture, l’action sociale ou encore les arts.

 

Cléobule, œuvre de Frêne éditée par Charles-Ferdinand Morel (Mémoires d'Ici, fonds Église réformée)